La paratuberculose
Décrite dès 1826, la paratuberculose bovine est une entérite qui se traduit par une diarrhée chronique puis persistante, des baisses du niveau de production (lait, fécondité) et l’amaigrissement progressif des animaux jusqu’à la mort. En 1898, Johne et Frothingham notent la présence de nombreux bacilles acido-alcoolo-résistants dans la muqueuse intestinale des bovins malades. Ces bacilles, semblables à ceux de la tuberculose, sont responsables d’un épaississement spécifique de la muqueuse intestinale correspondant à une forme particulière d’entérite qui sera appelée paratuberculose ou maladie de Johne et dont l'agent étiologique est Mycobacterium paratuberculosis (Thorel et al, 1990). La maladie a une incubation lente entre 2 et 5 ans, ainsi la majorité des animaux atteints présente des symptômes à l'âge de 2 à 7 ans. La contamination des animaux se fait par voie orale. M. paratuberculosis, ou bacille de Johne, colonise la région jéjuno-iléale.
Le niveau de contamination des matières fécales évolue en fonction du stade de la maladie, de quelques bactéries par gramme de fèces en début d’expression chronique, jusqu’à 10 4 à 10 10 en phase clinique (Collins et al, 1993). Cette bactérie peut ensuite être disséminée dans l’organisme de l’animal par l’intermédiaire des macrophages ; des contaminations par le colostrum, le lait et le sperme sont alors possibles.
La mise en évidence de M. paratuberculosis par culture est longue (6 à 8 semaines) et la mise en évidence des anticorps circulants manque de sensibilité.
En 1985, une équipe de chercheurs du St George's Hospital de Londres dirigée par le professeur J. Hermon-Taylor, identifie un fragment génomique nommé IS900, spécifique des souches de M. paratuberculosis (Green et al, 1990). Depuis de nombreuses équipes ont pu confirmer la parfaite spécificité de ce fragment d'ADN en l'utilisant comme outil de diagnostic en particulier dans des tests PCR (Guillou et al,. 1993).